



Il est si facile de cataloguer les autres et de donner des noms stéréotypés. La blague sur « le petit gros à lunettes » est moins drôle pour celui qui l’a entendu tous les jours depuis des années même s’il continue de sourire quand il l’entend. Le commentaire sur « celle qui a volé les clefs de la cantine » est assez peu gouté pour la personne en surpoids qui souffre de problèmes de santé sans aucun rapport avec la nourriture. Nous pouvons décliner à l’infini, pour le roux, la bègue, le boutonneux, le petit, la tordue, le mou, la limace, le binoclard… Le pire c’est que c’est parfois drôle même si ça ne l’est en fait pas. La blague gratuite est-elle toujours sans double fond ? Sait-on quelle analyse en est faite derrière l’oreille qui la reçoit ?
Il nous faut donc être attentif à nos facilités de langage car ce sont aussi des armes de destruction active à spectre lent. Cataloguer, pointer du doigt, moquer, dénigrer, humilier, c’est de la discrimination. Et toi, et vous, on dit quoi de vous ? Et vous trouvez ça drôle ? Et si c’était notre vision des autres qui était monstrueusement étroite ?
Cette campagne a pour objet de donner à réfléchir sur ces questions, et des outils pour les travailler. J’invite chacun à les utiliser avec attention et avec précaution.
Affiche de la campagne de mars